1. Le soutien par les pairs (entraide mutuelle, soutien par les pairs, pair aidant) devrait être mis de l’avant dans toute nouvelle demande d’aide pour nourrir l’espoir de la personne et démarrer une réflexion sur le processus de rétablissement : adhérons-nous à cette prémisse et à l’apport du savoir expérientiel ? 2016-04-22T14:18:47-05:00

Projet CÉRRIS Forums Thème 3 : Pairs aidants et soutien entre pairs 1. Le soutien par les pairs (entraide mutuelle, soutien par les pairs, pair aidant) devrait être mis de l’avant dans toute nouvelle demande d’aide pour nourrir l’espoir de la personne et démarrer une réflexion sur le processus de rétablissement : adhérons-nous à cette prémisse et à l’apport du savoir expérientiel ?

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  • admin_cerris
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    #652 |

    Apport du soutien par les pairs dans un service axé rétablissement

    Question 1 :

    Le soutien par les pairs (entraide mutuelle, soutien par les pairs, pair aidant) devrait être mis de l’avant dans toute nouvelle demande d’aide pour nourrir l’espoir de la personne et démarrer une réflexion sur le processus de rétablissement : adhérons-nous à cette prémisse et à l’apport du savoir expérientiel ?

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    Olivier
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    Question délicate que j’aimerais soumettre à des intervenants pairs aidants d’expérience. D’abord il y a un piège dans le ET… Je crois fermement à l’apport expérientiel, mais j’ai quelques hésitations en lien avec la prémisse. Le service doit être connu, disponible, mais respecter le rythme de chaque usager.

    Abosse
    Participant
    Post count: 11

    Je me risque!!!

    Depuis 8 ans d’intervention comme paire aidante, je crois de plus en plus à l’importance et aux bienfaits que les pair aidant soit une des premières personnes qui explique les services, la philosophie rétablissement en utilisant son expérience pour établir une relation égalitaire, pour normaliser les choses et semer l’espoir.

    Je m’explique; lorsque je rencontre une personne au CHUM avant sa première rencontre médicale avec son psychiatre, on remarque jusqu’à présent une mobilisation plus rapide au traitement selon les besoins de la personne. La personne se mobilise rapidement vers l’action et la relation de communication avec le psychiatre est facilité. Évidemment, le psychiatre use d’une attitude axé rétablissement empreint d’écoute et de collaboration qui rend la relation plus égalitaire.

    Donc, pour moi, même si la personne n’adhère pas au moment premier elle a tout de même l’information sur la philosophie du retablissement pour ainsi faire un choix éclairé dans son processus.

    Myreille Bédard (Équipe CÉRRIS-CNESM)
    Post count: 0

    Merci Annie d’avoir briser la glace à titre de paire aidante.
    Un des rôles spécifiques que semble jouer le pair aidant dans l’équipe est celui de créer des ponts entre la personne utilisatrice et les intervenants, car il y a là un phénomène d’identification avec le pair aidant qui devient un modèle d’espoir de rétablissement pour elle. Une facilitation d’un lien de proximité et de confiance.

    Le rapport d’étude sur l’intégration des pairs aidants dans les équipes de SIM SIV, publié en 2012 (voir lien plus bas) vient corroborer cette idée. Dans les faits saillants, il est écrit que « le savoir expérientiel, la proximité expérientielle et la proximité relationnelle, de même qu’une attitude davantage centrée sur l’usager et une plus grande compréhension empathique différencient le soutien orienté vers le rétablissement offert par le pair aidant de celui offert par les intervenants. »

    Rapport version sommaire: Cliquer ici

    Qu’en pensent les autres blogueurs? Êtes-vous d’accord avec les résultats de cette étude?

    Catherine Briand
    Post count: 0

    Soutenir l’espoir et permettre un soutien entre pairs sans la présence d’un pair aidant est possible!

    À travers les témoignages de personnes en rétablissement, il est possible de susciter l’espoir et parler rétablissement.
    Plusieurs excellents témoignages sont disponibles sur le site du CERRIS.

    Dossier Rétablissement – Témoignages

    Témoignages – encore plus

    chad chouinard Pair Aidant et personne en rétablissement
    Post count: 0

    Merci Annie,
    d’avoir briser la grâce, même si il n’y a rien à briser mais à s’exprimer librement et adéquatement et surtout quand ça fait avancée la légimidité concernant le rôle du Pair Aidant et de sa spécificité. Des études à travers le monde ont démontrer qu’un conctact initial avec un autre pair soit qui a un vécu commun et qui permet l’adhésion à l’information et au traitement de façon plus rapide et efficace… quand entre autre vient le temps de briser la glasse quand il est question d’accepter le fait que dans une situatation où la personne à besoin aide sera davantage à l’écoute de celui qui l’a vécu et qui compose mieux avec sa situation de santé globale en terme de rétablissement. Bref, les participations diverses des personnes en rétablissement ont permit de donner une dimension plus inclusive et humaine dans un éventuel continuum de soins et services en ralation d’aide. Les deux plans d’actions en santé mentale ont mis cette nouvelle perspective afin de devenir une réalité complémentaire à des meilleurs pratiques tout en préservant la spécificité de l’ensemble des professionnels du réseau de la santé.

    admin_cerris
    Admin bbPress
    Post count: 125

    Réflexion d’une équipe SIV suite au visionnement de la capsule Pair Aidant et la discussion dirigée proposée par le guide accompagnateur :

    Les intervenants ne considèrent pas que le soutien entre pairs doit être mis de l’avant dans toute nouvelle demande. Ils considèrent que parfois il n’y pas de besoin à cet effet ou encore que la personne ne souhaite pas s’identifier ou être étiquetée à la maladie mentale, ou encore que la personne n’a pas de reconnaissance de sa maladie. Aussi, certaines personnes en suivi peuvent avoir un réseau social déjà présent.
    L’apport du savoir expérientiel est reconnu comme étant utile sans toutefois être absolument nécessaire dans le parcours de rétablissement d’une personne. Extrait repris d’un texte de Marie-Eve Dargis pour les équipes SIV des RLS de la Pointe-de-l’Île et de St-Léonard-St-Michel

    Réponse de l’équipe CERRIS-CNESM :
    Merci beaucoup Marie-Eve pour votre réflexion. Vos constats sont très intéressants et sont une opportunité pour nous d’apporter des nuances et d’autres éléments de réflexion à la discussion.

    1- D’abord, les données probantes sont très claires en ce qui a trait à l’apport du savoir expérientiel et ce, autant dans le parcours du rétablissement d’une personne que dans la planification, l’organisation et la prestation des services de santé mentale.
    Le contact avec une personne en rétablissement est un des meilleurs outils pour soutenir l’espoir et aborder le rétablissement avec la personne et les personnes significatives de son entourage. Certains contextes sont plus propices que d’autres tel que vous l’avez précisé. Mais, malheureusement, trop souvent, on ne parle pas (ou peu) de rétablissement avec la personne et on décide pour elle le meilleur moment pour le faire. L’absence d’un pair aidant ou le refus d’en voir un ne devrait pas empêcher l’intervenant de soutenir la personne dans son parcours de rétablissement. Le processus de rétablissement peut amener éventuellement la personne à une plus grande ouverture au soutien entre pairs.

    2- Pour nous, l’intervenant a la responsabilité de faire connaitre à la personne en suivi tout ce qui existe, que ce soit orienté santé mentale ou non. Il doit aussi regarder les pours et les contres pour chaque milieu et aider la personne à faire un choix éclairé entre les diverses options. Ce n’est pas à l’intervenant de juger ce qui est bon ou pas pour la personne. Cependant, il a le devoir de l’accompagner dans ce choix.

    3- Nous ajouterons que le vécu expérientiel est absolument nécessaire dans la planification, l’organisation et la prestation des services de santé mentale. «Jamais sans eux !» Le nouveau Plan d’action en santé mentale du Québec (MSSS, 2015-2020) établit des mesures précises pour soutenir l’implication des personnes en rétablissement et membres de l’entourage dans tous les niveaux de décision de notre système de santé (comme d’ailleurs plusieurs autres politiques ailleurs dans le monde). L’introduction de personnes ayant un vécu expérientiel (pair aidant, pair consultant ou autres) dans différents comités et dans la prestation des services est l’un des moyens les plus efficaces pour changer le système vers des services axés rétablissement.
    Références : Gillard & al., 2014; O’Hagan & al., 2010; Repper, 2013ab – Dossier thématique Pair Aidant et soutien entre pairs

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 ans et 2 mois par  admin_cerris.
    admin_cerris
    Admin bbPress
    Post count: 125

    Réflexion d’une équipe SIV suite au visionnement de la capsule Pair Aidant et la discussion dirigée proposée par le guide accompagnateur :

    Les intervenants voient leur rôle comme un de référent à des groupes ciblés ou des organismes communautaires. La notion de jumelage d’usagers au sein même des charges de cas de l’équipe n’est pas une option avec laquelle les intervenants se sentent confortables. La référence et l’accompagnement à des ressources de la communauté sont davantage préconisés.
    Les intervenants sont perplexes devant la réflexion car ils ont tous été formés et supervisés par le CNESM qui recommande d’aller dans des ressources de la communauté le plus normalisantes possible (éviter au maximum les ressources santé mentale), alors que le CERRIS tend à recommander de mettre en œuvre des mécanismes pour que les usagers en suivi se retrouvent en lien avec leurs semblables.
    Actuellement, les groupes d’entraide entre pairs est le moyen le plus utilisé par les intervenants (par exemple : les AA, les groupes pour trouble anxieux, etc). La façon de favoriser le soutien entre pairs sans créer de ghettos de personnes atteintes de maladie mentale est de diversifier les références, d’offrir la possibilité de ces groupes à la personne et la laisser choisir ce qui lui convient le mieux, tout en continuant de référer à des organismes qui n’œuvrent pas uniquement en santé mentale.
    Extrait repris d’un texte de Marie-Eve Dargis pour les équipes SIV des RLS de la Pointe-de-l’Île et de St-Léonard-St-Michel

    Réponse de l’équipe CERRIS-CNESM :

    Merci beaucoup Marie-Eve pour votre réflexion. Vos constats sont très intéressants et sont une opportunité pour nous d’apporter des nuances et d’autres éléments de réflexion à la discussion.
    1- Pour nous aussi, la définition du rôle des intervenants est un élément essentiel. Les données probantes semblent s’entendre sur certains principes importants quant il est question de soutien entre pairs :
    (a) L’intervenant doit offrir des choix à la personne concernant le soutien entre pairs et s’assurer que la personne a l’information nécessaire sur les différentes options qui s’offrent à lui (soutien d’un pair-aidant, organisme de soutien entre pairs, groupe d’entraide mutuelle, lien via des témoignages vidéos, etc.) ;
    (b) L’intervenant a la responsabilité de favoriser une philosophie d’autogestion de la maladie mentale et d’empowerment qui implique que la personne soit en lien à des ressources de son milieu naturel et démarre une démarche de réflexion quant à son parcours de rétablissement. L’accès à des témoignages/histoires de rétablissement est un excellent point de départ pour la personne, sa famille et les intervenants.
    (c) L’intervenant a la responsabilité de favoriser une philosophie de défense des droits des personnes et des membres de l’entourage et de lutter explicitement contre la stigmatisation vécue par la clientèle qu’elle dessert. La mise à contribution des personnes ayant un vécu expérientiel et l’embauche de personnes en rétablissement est une des façons pour le faire.
    Le CNESM appuie ces principes importants et recommande en effet que les intervenants offrent suffisamment d’informations sur toutes les possibilités afin que le client puisse faire un choix éclairé. Cette position adoptée par le CNESM est celle des services axés rétablissement et des données probantes et non celle unique du CNESM.

    2- Enfin, il est important pour nous de clarifier que le soutien entre pairs n’est absolument pas contradictoire avec le philosophie du modèle des forces qui recommande d’aller vers des ressources de la communauté les plus normalisantes possible. Les données probantes sont très claires à ce propos. Tel que vous l’avez mentionné, il est recommandé d’aller le plus possible vers des ressources citoyennes du milieu naturel et le plus loin du milieu de la psychiatrie et de la santé mentale! Cela ne veut pas dire de ne pas utiliser les services en santé mentale!
    Aussi, d’être en lien avec des personnes qui ont eu un vécu similaire pour partager des expériences, des stratégies adaptatives, se donner mutuellement du courage et de l’espoir est tout aussi recommandé et ce, non seulement par les données probantes, mais dicté par la nature humaine qui cherche à se rassembler et s’entraider.
    La situation au Québec qui fait en sorte que la majorité du soutien entre pairs est associé aux organismes communautaires en santé mentale (qui doivent d’ailleurs eux aussi réfléchir à l’amélioration de leurs pratiques) nuit à la réflexion. D’autres modèles de soutien entre pairs existent et peuvent voir le jour et ce, en mixité et non seulement entre personnes ayant comme point de similarité la maladie mentale (modèles de citoyens accompagnateurs, d’échange de services, d’aide mutuelle dans certaines activités de la vie quotidienne, etc.). D’ailleurs, la notion de jumelage dont vous faites références n’est pas nécessairement le modèle le plus intéressant ; nous sommes d’accord avec vous ! L’intervenant n’a pas à jouer un rôle de coordination intra-client quand il y a plusieurs possibilités déjà existantes auxquelles on peut référer (groupes d’entraide, jumelage/parrainage citoyen, site de rencontre, etc.)

    3- Bref, nous répétons ici que l’intervenant a le devoir de faire connaître aux personnes l’ensemble des services existants et d’accompagner la personne dans un choix éclairé. Les intervenants doivent donc se mettre à jour et connaître les ressources existantes de la communauté (hors et en santé mentale) et ne jamais oublier d’y référer.

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